5) Une nouvelle vie...
Lorsque nous sommes arrivées en France, nos parents avaient déjà deux garçons naturels. Après deux ans d'attente, la famille passa de quatre à six, il nous fallait donc, à chacun, retrouver un nouvel équilibre.
Comme nous étions en fin d'année scolaire et en début de grandes vacances, maman nous avait amenées à l'école nous inscrire, pour la rentrée suivante. Monsieur le directeur était accompagné de la prof d'anglais du collège, parce que je parlais un peu l’anglais qui m'avait, en quelque sorte, bercée toute ma petite enfance.
L'été qui s'ensuivit fut très familial et branché apprentissage linguistique. Je sentais que cette famille m'avait adoptée et je décidais de les adopter, voire de les adorer à mon tour.
Ma soeur et moi, nous parlions couramment le français, deux mois seulement après notre arrivée et pour effectuer notre première rentrée. Déjà grandes, nous sommes passées directement en classe primaire et comme j'accusais un retard important en terme d'âge et que je marchais bien à l'école, le corps enseignant m'avait aménagé un régime spécial de faveur : deux années en une. Par chance, j'avais la même maîtresse qui assurait ces deux classes. Malgré tout, je peux vous assurer que l'apprentissage ne fut pas forcément aisé au quotidien...
Pour notre premier Noël, mes parents nous avaient couvertes de cadeaux. L'ennui, c'est que je n'avais jamais eu ni poupée, ni aucun jouet de fille à proprement parler et je ne savais pas jouer tout simplement. Cela avait beaucoup contrarié ma mère qui s'en était donnée à cœur joie, pour nous faire plaisir. Du coup, j'aimais énormément regarder le cadet de mes grands frères jouer et de ce fait, j'apprenais en même temps.