9) Et après ?...
J’avais besoin de combler un vide en moi. J’avais besoin de me sentir utile, d’être reconnue et de faire bouger les choses. J’ai alors fait des rencontres inattendues qui m’ont sortie de mon ombre. C’est ainsi que fin 2007, je fus élue dans différentes instances représentatives du personnel au sein de mon entreprise. La lutte syndicale me paraissait un bon moyen de faire avancer les choses. En mars 2008, je fus également élue aux élections municipales de ma nouvelle commune au sein d’une équipe dynamique avec des personnalités que j’appréciais et que j’apprécie toujours beaucoup. Ainsi œuvrer pour un intérêt plus général que le mien me permettait de redonner un sens à ma vie. Je rejoignis également la rédaction d’un bulletin d’infos internes dans les services de mon boulot. Enfin, je débutais la rédaction de mon premier roman, une envie qui me taraudait depuis longtemps.
Je me suis lancée à corps perdu dans toutes mes activités, la nouveauté me plaisait et j’apprenais beaucoup. J’apportais enfin ma contribution à quelque chose d’utile.
Pendant ce temps, ma mère avait du mal à se remettre du décès de papa et du départ de ses aînés et le petit dernier continuait à faire des siennes. Nous nous sentions tous démunis face à cette situation. Gérer un ado ou un jeune adulte de nos jours n’est pas chose facile. Néanmoins, maman avait toujours entretenu une relation de « je t’aime, moi non plus » avec son benjamin qui n’arrangeait pas la situation. Femme matriarche, elle nous en voulait de ne plus revenir à la maison familiale aussi souvent qu’avant. Je compris alors que le réel ciment de notre famille avait été notre père et que nous étions tous encore sous le choc de sa disparition.
Je crois qu’elle ne l’a pas compris et elle nous en veut toujours. Elle s’en plaint si souvent…(soupir)
Le 28 août 2008, mon petit frère eut un terrible accident de moto, suivi de complications graves. Il fit un choc septique et il fut amputé d’une jambe. Nous étions effondrés. Que dire de plus lorsque le sort s’acharne ainsi ?...
Le cancer avait aussi relancé son offensive vers cette période et je voyais des collègues et amis tomber malade les uns après les autres. Heureusement que leur lutte ne fut pas vaine et que la plupart sont en rémission aujourd’hui. Cependant, l’une de mes rares amies de collège n’a pas eu cette chance-là. Elle fut emportée en trois mois , par un cancer foudroyant, en mars 2009, laissant derrière elle ses deux petits garçons de 4 et 2 ans. Elle avait mon âge, 33 ans…
Toutes ces épreuves m’ont fait réaliser que nous n’étions pas grand-chose face à la mort. Je pris peur de devoir laisser ma fille seule s’il devait nous arriver quelque chose…
Nous en avons longuement discuté avec mon mari, il ne fallait pas non plus prendre cette décision à la légère, après ce que nous venions de traverser ensemble… Notre couple était-il assez fort ? Ce devait-être un enfant de l’amour comme notre fille l'avait été et un petit frère ou une petite sœur tant attendu par cette dernière.
Cela n’aura duré que deux mois, deux mois d’un espoir tant désiré, de nausées acceptées. L’embryon avait une anomalie, j’ai fait une fausse couche et j’ai été hospitalisée au début de ce mois d’août.