10) Et maintenant ?...
Aujourd’hui, je me sens lasse et découragée. Ma vie ressemble à une épreuve permanente et j’ai du mal à savourer les petits bonheurs qui peuvent se présenter à moi. J’ai une étrange et perpétuelle mélancolie qui m’habite. Alors, je souris, je fais comme si tout allait bien. C’est ce que les gens attendent, mais tout au fond de moi, j’ai le sentiment d’avoir déjà vécu toute une vie, je me sens usée, déjà vieille et sans aucun sens péjoratif.
J’en souffre d’autant plus que je me heurte à beaucoup d’incompréhensions de la part mon entourage. En fait, il n’existe aucune empathie réelle, ni intérêt vis-à-vis des personnes comme moi. Mes problèmes sont souvent prétextes à exposer leurs propres problèmes. On m’écoute peu et en définitive, je finis par leur remonter le moral…
Je représente une vie rêvée aux yeux de la plupart : adoption, intégration parfaite, jeune, en bonne santé, une famille, un métier, une maison, une vie sociale… Bref, le stéréotype de la réussite. Mais c’est un leurre. On ne sort jamais indemne de tout ça, c’est impossible.
Alors, c’est vrai, j’ai un caractère volontaire et j’aime la vie, mais le poids de la mort qui rôde autour de moi depuis trois ans m’effraie et m’exaspère. Suis-je un aimant aux polarités négatives ? Cela me hante et j’y repense à chaque coup dur et c’est récurrent ces derniers temps…
Mon arme pour me sortir de cette impasse ? L’écriture. Extérioriser mes angoisses par l’écriture. Ainsi, seuls les intéressés iront jusqu’au bout de mon histoire, gravée à l’encre numérique dans cet espace, certes virtuel, mais reflétant tant de réalités. Serais-je davantage comprise ? Je ne sais pas. Néanmoins, j’avais besoin d’alléger ce poids qui opprimait ma poitrine et mon esprit depuis tant d’années…
« Ce que l’homme a de plus authentique, c’est sa capacité à créer, se dominer, endurer, se transformer, aimer et dépasser ses propres souffrances. »
Ben Ocri