Paroles d'une enfant adoptée...

Publié le par Georgia

On voit souvent des reportages de parents désespérés, défiant le temps et les méandres d’un système pas toujours très clair, pour le Graal ultime : adopter un enfant. En parallèle, on lit des interviews d’enfants adoptés qui eux, n’arrivent pas à s’adapter à leur nouvelle vie et qui s’inventent des lignées plus nobles… La preuve encore une fois que le malheur des gens fait le bonheur de la télé et que la détresse fait vendre. Et oui, ça m’énerve un peu, voire beaucoup ! La réalité est en fait beaucoup plus complexe, comme toujours quand on parle d’affect…

Je suis une enfant adoptée et je sais ce que c’est…

Adoption : mot venant du droit romain, désigne une institution par laquelle une personne, mineure ou majeure dite l'"adoptée", entre dans la famille d'une autre personne, dite "l'adoptant". Concept très ancien et bien encadré par nos juristes.

Cependant, je rajouterais qu’il ne transparaît nulle part les notions d’amour, de don de soi, d’empathie et d’affection dans cette définition officielle.

L’adoption est avant tout un geste d’amour. Si au-delà du besoin viscéral d’être parent, il n’y a pas au bout de cette démarche le don d’une partie de soi, comme on donnerait nos gènes à nos enfants naturels, l’adoption sera vouée à l’échec. Imaginez-vous le contexte : un enfant adopté est avant cela un enfant abandonné. Aussi bonne soit-elle, mais pour la seule raison que vous êtes « en trop », on vous repousse de votre noyau familial, votre propre clan, votre propre sang vous rejette. Imaginez le gouffre affectif et la perte de confiance que peuvent ressentir ces enfants-là, bébés inclus. Heureusement qu’un enfant a un instinct de survie bien ancré en lui et qu’il a un don exceptionnel pour régénérer rapidement ses émotions. De cette blessure profonde peuvent naître des sentiments magnifiés par l’amour d’autres adultes acceptant le risque de mettre à nue leur propre fragilité pour le sauver. Parce que sans amour, il n'y a pas de vie possible, c'est bien connu. Bien sûr que l’exercice ne se fera pas sans mal, il faudra de la patience et de la persévérance, des deux côtés d’ailleurs.

Rappelez-vous du Petit Prince, du renard et de la rose :


« On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. »

« Tu es responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »

« C'est le temps que tu as perdu pour ta rose, qui fait ta rose si importante. »


St Exupéry résume magnifiquement le sens profond de l’adoption par cette histoire si simple et si belle…

Pour ma part, je pense qu’à la base, il y avait de l’amour dans le geste de mes parents adoptifs. Je ne les remercierais jamais assez pour leur geste. Je n’en serais pas là aujourd’hui. Malheureusement, pour une raison qui m’échappe encore, certaines névroses de ma mère sont venues ternir ce qui devait être une très belle histoire entre nous. Néanmoins, je pense que ces dérapages bien qu’anormales peuvent appartenir à toute histoire de familles, naturelles ou pas. Cependant, j’avoue que moralement le fait que nous soyons deux, avec ma sœur, m’a beaucoup aidé pour avancer…
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Commenter cet article
S
<br /> Ici , p'tite soeur  tu donnes l'éclairage sur le ressenti de l'adopté. Alors que l'adoptant, malgré tous les efforts qu'il peut faire ne remplacera jamais<br /> l'absence de l'affect des liens du sang...Je pense à nos p'tits brésiliens qui, sous des dehors idyllques révèlent à chaque pas, leur manque...Irremplaçable.<br /> Dis , j'espère bien que tu vas venir un de ces jours dans ma montagne de sauvages, hein !!!Sucrabizes et bon dimanche avé Ronnais<br /> <br /> <br /> <br />
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G
<br /> ça me tenterait bien de venir visiter tes Vosges, l'autre pays du fromage qui pue... J'y réfléchis beaucoup, figure-toi que<br /> nous partons à la découverte d'une région, en vacances chaque année, alors pourquoi pas les Vosges... Fais gaffe que tu vas finir par me rencontrer... Biz mon Sucra !<br /> <br /> <br />
K
<br /> Bonjour Georgia. Une adoption prouve bien que les liens du sang n'ont pas vraiment de valeur et, c'est une bonne chose. Outre l'amour, les parents ont des tas d'autres choses à transmettre. Une<br /> éducation, des valeurs, une histoire familiale...J'ai pour exemple une ancienne collègue de travail qui avait 2 fillettes nées en Colombie. Et bien, aussi extraordinaire que celà puisse<br /> paraitre,  en grandissant, elles ressemblaient à leur maman adoptives. La même façon de parler, les mêmes mimiques !!! Passe une bonne semaine. Bisous. @+<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Oui, bien sûr tu as raison, il y a beaucoup de choses à transmettre... Ceci dit, je ne ressemble pas des masses à ma mère, je me ressemble et c'est déjà pas si mal que ça. Passe une bonne semaine à<br /> toi aussi, biz !<br /> <br /> <br />
M
<br /> moi aussi beaucoup de réunions mais on a signé, il faut honorer cette signature et travailler pour une foule parfois ingrate ... C'est la loi du genre, après plus de trente ans je<br /> relativise. Bisous<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Oui, relativiser, c'est ça le secret de la longévité ! <br /> <br /> <br />
M
<br /> J'aime beaucoup la phrase : "... il a un don exceptionnel pour régénérer rapidement ses émotions ..." Tu en parles bien, et pour cause, toujours aussi agréable à lire, grosses bises collègue.<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Salut Mimi, tu sais que j'y ai cogité un moment à cet article... Je voulais lui donner de la profondeur, un sens réel, quelque chose de construit mais en même que cela paraisse évident<br /> aussi... Compliqué tout ça <br /> Bon merci de ta visite, ça se passe toujours aussi bien à la mairie ? Moi, ça y est, des réunions en pagaille ! Big biz et à bientôt !<br /> <br /> <br />