Quand le clair Soulages l’obscur…
Ok, Ok, je vais aborder un sujet, qui je dirais, fâche la moitié de la population de notre Agglomération, si ce n’est plus, à savoir la construction du Musée Soulages.
En fait, au-delà de la polémique, j’ai beaucoup écouté, j’ai lu, vu et beaucoup regardé, j’ai cherché à comprendre, j’ai bien pesé le pour, le contre et au final, j’ai beaucoup aimé et j’adhère complètement… Pourquoi ? Parce que je trouve qu’il y a un brin de folie et du génie dans ce que cet artiste nous propose. Alors nombreux sont ses détracteurs qui crient à l’imposture et à la fumisterie, mais n’empêche qu’il est l’un des artistes contemporains vivants les plus bankable actuellement sur le marché de l’Art et c’est du factuel. Et n’en déplaise à certains, je ne crois pas qu’on puisse leurrer autant de personnes, autant de temps, sur un effet de mode ou un coup de pub, il y a autre chose de plus…
Mi-février, lors du vernissage de l’expo sur les vitraux de Conques faits par Pierre Soulages, j’ai eu la chance de visiter le Musée Fabre à Montpellier (dont l’aile Soulages) guidée par le conservateur. J’ai vraiment été bluffée par ses toiles.
Il faut que vous sachiez que même si j’ai une certaine sensibilité dans les domaines artistiques, je ne peux pas dire que je connaisse vraiment quelque chose dans l’Art Contemporain. Tout au plus, je laisse aller mes émotions face à une œuvre sans parti pris, ni préjugé, enfin, j’essaie… Et jusque-là, j’avais du mal à imaginer comment du noir, on pouvait faire ressortir de la lumière. Je n’avais à aucun moment songé ni à la matière, ni au volume, ni à l’espace, ni à la réfraction lumineuse. Son travail forme un tout, Pierre Soulages ne travaille pas le noir mais cherche à faire rejaillir la lumière du noir. Cela donne de grands panneaux noirs aux représentations abstraites, qui ne rendent rien dans des catalogues ou en photo. Mais lorsqu’on a la chance d’être face à une de ses œuvres, on comprend mieux son message, en tout cas, il y a de la recherche, de la réflexion et du travail dans ce qu’il fait et vu son succès au Japon, les nippons ne s’y sont pas trompés. Pour ma part, j’ai ressenti beaucoup de calme, de sérénité dans ses tableaux, comme si toute l’agressivité de la lumière était d’abord absorbée par le noir pour être traduite dans des tons plus doux. En clair, je suis ressortie de là hyper zen ! Au final, il fallait y penser, travailler le clair au travers de l’obscur, c’est malin, c’est gonflé ou tout simplement génial !
C’est là aussi que j’ai mesuré toute l’évolution de l’Art… En fait, le travail des artistes d’antan était remarquable et reconnu car ils étaient l’œil et l’objectif à la fois et leurs œuvres reproduisaient fidèlement des réalités vécues. L’évolution des technologies modernes dans le domaine de l’image (photo, vidéo) obligent les artistes peintres à un renouveau et une originalité dans leur création sous une autre forme de créativité, d’où selon moi, le développement de cette notion d’abstraction, avec une représentativité plus relative de la réalité ouvrant souvent à des interprétations plus personnelles.
Tout ça pour dire que j’y crois à ce Musée bien que son projet souffre d’un manque d’appropriation de la part de la population locale. Il y a une réelle pépite à exploiter et comme tout joyau, l’excellence à un prix…